À Metz, Robert Scholtus écrit à ses morts pour les rendre présents
Écrire aux disparus pour les remettre debout, plutôt que pour tourner la page. C’est la démarche de Robert Scholtus dans Lettres à mes morts, Post-Scriptum, paru aux éditions La tête en l’air. Ce samedi 24 octobre, à l’approche de la commémoration des morts du 2 novembre, le prêtre et écrivain messin revient sur ce livre dans un entretien à republicain-lorrain.fr.
Son expérience de prêtre nourrit cette écriture. Après avoir béni tant de sépultures et accompagné les morts des autres, il a souhaité se tourner vers les siens. Ses lettres s’adressent à sa sœur Claire, qui s’est suicidée à 20 ans, à ses parents, à des amis et à ses maîtres. Il refuse pourtant d’en faire un manuel de deuil ou une proposition de consolation.
La littérature lui permet de donner à ces disparus une présence qui dépasse le cercle familial. « Par l’écriture, je rends présents tous ces défunts, d’une présence qui dépasse ma vie intime. » Ce travail contre l’oubli est aussi destiné aux vivants.
Pour l’expliquer, Robert Scholtus reprend la notion de redressement à l’artiste Marc Couturier, dont l’œuvre Tremblement de ciel se dresse dans le parc de la Seille, à Metz. Comme l’artiste transforme des objets promis à l’oubli ou à la destruction, l’écrivain cherche, par ses lettres, à remettre ses morts debout.
Source : republicain-lorrain.fr



